Une incroyable richesse culturelle

Gigantisme !  Mausolée bâti dans la ville d’Agra, Le Taj Mahal est l’un des plus somptueux édifice au monde. D’un marbre blanc ciselé avec précision, il est le symbole de l’amour et de la peine. Construit à partir de 1631 et terminé en 1653, le tombeau était une demande du Shah Jahan, empereur des Moghols, pour son épouse Mumtaz Mahal, décédée en accouchant de son 14e enfant.

Les inspirations de l’architecture sont multiples. Il s’agit avant tout d’un édifice religieux, lié à l’Islam. Cependant, on y retrouve des spécificités Iraniennes, Perses et évidemment Indiennes. Pendant sa création, près de 20 000 ouvriers et artisans travaillaient sur son chantier.

Le Taj Mahal ne désigne pas uniquement le tombeau mais également les jardins et les autres bâtiments à ses côtés. Le mot d’ordre est symétrie. Ainsi, jardins et palais se répondent dans un axe parfait. Il y fut construit deux mosquées, symétriques elles aussi, mais l’une d’elles ne fut jamais utilisée pour ne pas être orientée vers la Mecque.

Un trésor touristique éblouissant

Si nous pouvons désormais visiter librement ce somptueux édifice, cela n’a pas toujours été possible. Jusqu’à la fin de l’empire Moghol, seuls les empereurs et les artisans pouvaient en arpenter les couloirs et jardins.

Depuis l’indépendance de l’Inde, le site est ouvert au public. Notez qu’une différence de tarif s’applique en fonction de votre origine. Les indiens payent le plus bas prix, puis les visiteurs des pays limitrophes voient ce prix augmenter, quant aux européens et autres occidentaux, ils payent le tarif fort. Un principe présent dans de nombreux pays émergents, mais pas que.

Une fois sur place, un mot vient tout de suite à l’esprit : titanesque. Les touristes sont de véritables fourmis face à cette splendeur d’antan qui nous écrase de sa colossale majesté. On estime le nombre de touristes annuel à 7 millions. On estime à 15 000 personnes journalier et ce chiffre grimpe jusqu’à 70 000 le week-end. Toutefois, cette la période actuelle va sans doute voir diminuer ces chiffres. En août 2020, le mausolée est toujours fermé. Mais l’Inde n’est pas dépourvue de solutions, bien au contraire !

Quelques conseils sur place

Attention aux files d’attentes ! Contrairement à certains monuments Indiens, il n’y a pas de files réservées aux Indiens et aux occidentaux. Par contre vous avez des files hommes et des files femmes à certaines portes, ainsi que des files réservées au paiement par cash ou par carte bancaire. Toutefois, cela laisse tout loisir aux guides locaux de vous passer devant et d’acheter des billets pour leurs clients.

Si vous avez avec un trépied (photo), ou des cigarettes, il est probable que l’on vous demande de vous en débarrasser ou de les laisser à l’entrée. Arrivez très tôt. Si l’entrée Est se voit recommandée aux occidentaux, l’entrée Ouest peut être moins prise d’assaut aux premières lueurs de l’aube. De plus, il y a à l’entrée Est deux files qui séparent hommes et femmes.

Un projet numérique colossal

L’Inde est à la veille d’une gigantesque révolution digitale. Pendant longtemps perçue comme le centre de sous-traitance informatique de la Silicon Valley (main d’œuvre principalement située à Bangalore), l’Inde prend désormais la place qui lui revient parmi les nations les plus avancées sur le plan numérique. Le gouvernement indien lance le projet « Digital India ».

Ce projet vise à équiper 100% du territoire indien d’un réseau internet efficace et adapté à tous ses habitants. Dans un pays où la population est encore très majoritairement rurale (70%) et où peu de foyer ont accès à l’eau potable (1 sur 5), l’Inde est face à un véritable challenge qui se soldera par un nouveau marché de plus d’un milliard d’utilisateurs !

Véritable opportunité pour les géants du web, ça l’est d’autant plus pour les milliers de nouvelles start-up qui désirent profiter de cette avancée technologique. En quête de nouveaux marchés, certaines de ces start-ups se tournent vers l’attrait culturel de leur pays.

Une période troublée

Il y a eu en Inde 100 000 cas de coronavirus déclarés.

Le tourisme est un élément moteur de l’économie indienne. A ce jour la plupart des monuments et musées sont fermés alors que le pays se déconfine petit à petit, les structures touristiques se sentent délaissées. Beaucoup ont dû se séparer de leurs employés. Mais l’impact économique aura quant à lui de graves conséquences sur l’Inde toute entière.

Le tourisme n’est toutefois pas mis en avant dans le plan de relance gouvernemental. Cela laisse présager une reprise difficile de ce secteur après le déconfinement, mais également pour les mois, voire les années à venir.

Une expertise digitale

Vizara constitue une success story à l’indienne : cette start-up offre une visite virtuelle du Taj Mahal, une « puja numérique » au temple Kashi Vishwanath de Varanasi avec des hologrammes de danseurs traditionnels se produisant dans les monuments reconstitués en 3D de Hampi, dans le Karnataka.

Ces installations, qui font partie d’une exposition unique au Musée national de New Delhi, sont le résultat des efforts combinés d’historiens et d’experts techniques sur plus de dix ans. L’exposition, qui a débuté en janvier 2020, se poursuivra pendant plusieurs mois. Elle a permis de redécouvrir les sites indiens d’importances via l’expérience connectée.

Le projet a été financé par le ministère des sciences et des technologies et Vizara a récemment achevé la numérisation de cinq sites : le Taj Mahal à Agra, le temple de Kashi Vishwanath, le temple du soleil de Konark à Odisha, le Rani Ki Vav (puits d’escalier) au Gujarat et les ruines de Hampi au Karnataka.

Cette numérisation a permis de commencer à imprimer en 3D des modèles à grande échelle, liés à l’histoire de ces monuments.

Ce type de projet numérique expérientiel semble être la meilleure réponse face à la situation de pandémie actuelle. Il est l’illustration de la pugnacité humaine et de l’innovation, et à ne pas douter la clé du tourisme de demain.

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